J'ai participé au concours des arts décos, dont le sujet était "50 m".
Mon texte explicatif, ajouté au dossier :
" C'est en cherchant la définition de la lettre « m » que j'ai eu l'idée de travailler sur le son, la sonorité . Je me sers du phénomène physique : la forme que la bouche prend en formant la lettre. Je le décompose en trois parties, et le retraduit de façon plus géométrique/ simplifié. Une machine à extruder enregistre ces trois parties et forme ainsi une pâte de diverses matières (verre, plastique, mousse..)
Le son « m »
est donc matérialisé. Le son est mon matériau. Je peux ensuite
m'en servir comme motif, répété 50 fois, il formera (par
enroulement, étirement, gonflement...) divers objets.
Je peux ajouter à la
fonction initiale de ces objets (lampe, assise..) une nouvelle
fonction plus ludique :
-des objets parlants, qui
émettent le son « mmmh » aux différents contacts de
l'utilisateur.
-des objets qui
comptabilisent le nombre de fois dont il a été utilisé, et au bout
de la 50e fois un événement qui surprend arrive : exclamation
de l'objet, vibration, lumières... Ce concept est à imaginer dans
un contexte public : musée, boutique, lieu public..
Puis ensuite, je retourne
au sujet « 50 m » et réfléchis à la réaction que moi
et mes proches ont eu face à ce sujet : « Quoi ?
50Mètres?? »
Une volonté
quasi-instantanée de donner une signification à ce m vide de sens,
absurde. C'est peut-être par peur du rien, peur de l'absurde que
nous nous empressons de lui donner une signification. Ou par
habitude, par formatage de notre cerveau par la culture,
l'éducation...
(Ce sujet questionne la
communication , l'évocation,le sous-entendu)
Nous avons l'impression
que le sujet n'est pas fini : nous avons envie de le compléter,
le finir.
Je pense donc à créer
une gamme d'objets non finis.
-des objets dont il manque
quelques parties, (un pied, un dossier..) ce qui font d'eux des
objets imparfaits, déséquilibrés , bancals...l'utilisateur
choisira s'il veut les compléter ou non. Si oui, il viendra le
compléter par le matériau « 50 m » extrudé imaginé
au début.
-des objets coupés en
deux (d'où l'expression 50/50 due à la moitié) que l'on viendra
compléter par une autre moitié de meuble, qui sera choisie selon un
rigoureux système de frise chronologique, allant de 50 ans en 50
ans, et ainsi former des objets anachroniques, ayant systématiquement
50 ans qui les sépare. "


